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Sapho – « Marrakech »

Publié 18 août 2012 par barokokadiz

Un titre découvert dans des circonstances étranges.

Il figurait sur une compilation offerte en 1991 aux clientes des « 3 Suisses » intitulée « L’été en musique », ou un truc dans le style.

Les 3 Suisses n’ayant pas poussé la générosité jusqu’à s’acquitter des droits des hits de l’été de cette année là, la direction artistique a préféré faire figurer sur ce disque des titres méconnus, bien moins coûteux, parmi lesquels cette perle.

Votre dévouée étant née en juin 1978, a donc reçu pour son treizième anniversaire, de la part d’une tante sympa mais un brin inattentive et désargentée, ce fameux disque.

Désargentée car la compil avait donc été offerte à toutes les clientes.
Inattentive car sur la jacquette, figurait en éborme : « OBJET PROMOTIONNEL GRATUIT NON DESTINE A LA VENTE ».

Sapho, juive marocaine née à Marrackech et considérée au début des années 80 comme le pendant français de Siouxsie, a orienté sa carrière à l’aube des années 90 vers des titres plus ethniques, ou « World Music », pour employer une expression que j’abhorre.

La fraîcheur de ce single marginal et unique saura, je l’espère, rafraîchir l’après midi brûlant de ce 18 aout..

Et just for fun, rappelons ici quels furent les tubes de l’été 91 :

L’inénarrable « Saga Africa » de qui vous savez, le très sucré « More than Words » d’Extreme, ainsi que le tragique « Désenchantée » de Mylène Farmer.

N’oublions pas « Black and White » de Michael Jackson, et surtout ce titre insupportable à l’époque, mais devenu depuis emblématique du son si particulier de ces early 90’s :

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The Booklovers by The Divine Comedy

Publié 17 août 2012 par barokokadiz


Cynisme, audace, références à la littérature, musique d’inspiration baroque, flegme affiché et rupture avec les codes de la musique pop…. Impossible de trouver meilleur morceau pour vous souhaiter la bienvenue.

Il  est l’archétype de ceux que l’on ne découvre pas, mais de ceux qui vous découvrent ;  il est statistiquement impossible de rentrer dans un bar et de l’écouter – mis à part dans ceux que j’ai pu tenir, naturellement.  Aucune radio de France, même la plus marginale, ne l’a jamais diffusé. ..Même FIP – qui demeure, sachez le, jeunes lecteurs, avec Couleur 3, la seule station qui vous permettra d’acquérir une culture musicale quasi universitaire…et qui fera l’objet d’un prochain article ici bas, soyez en sûr.

Je l’ai personnellement écouté la première fois à la sortie de la médiathèque de Besançon, à l’époque où la musique se méritait et/ou se payait cher.

Aux premières notes, j’eus l’impression que le Duc de Berry m’invitait à danser dans une rue de Soho en buvant un Martini on the Rocks ; Neil Hannon déclamant cet hommage aussi humble qu’audacieux – le manque de  preuves que l’un est compatible avec l’autre demeure le seul drame de ce monde – m’aspira

J’avais emprunté ce jour là – un sale après-midi pluvieux et glacial de mars 1999, agréablement teinté des vestiges douloureux d’un chagrin d’amour qui relevait plus de la vexation que du chagrin ou de l’amour, hi hi  -une pile de CD dans le rayon « Divers/indie », avant de rentrer me prostrer dans mon 21m² d’étudiante situé au rez-de-chaussée d’une sombre ruelle du vieux Besançon.

J’avais séché ma journée de cours de civilisation et littérature anglophones à la faculté des Lettres de Besançon ; en écoutant ce morceau, et en me tenant des années au projet lire au moins un ouvrage de tous les auteurs qui y sont cités, j’ai sans doute été exposée ce jour là à une dose de de « civilisation et littérature anglophones » à peu près un million de fois supérieure à celle qu’aurait pu me procurer un cours sur le montant touché par VanDyke pour achever un portrait poussiéreux de Marie de Médicis, qui était moche, anyway.

J’ai découvert ce  morceau, « Kevin Carter » de Manic Street Preachers,  et « Fench Vallée » de Lavilliers le même jour. Le tout en dégustant pour la première fois , bouleversée,  le cappuccino lyophilisé , dont j’avais reçu par voie postale des échantillons…car l’université revendait à Nestlé les adresses  des étudiants inscrits à des fins publicitaires…Non, petits vautours : j’étais bouleversée par la musique, et non par le cappuccino lyophilisé.

Aussi, en vérité, jeunes lecteurs, je vous le dis ; séchez des après midis de cours…mais à défaut de pouvoir prévoir une pile de  CD inconnus, juste choisis sur le seul critère de la jacquette…chopez vous un exemplaire d' »Hard-Rock Magazine », de de « Passion Salsa » ou de la « Gazette du Psychobilly » ou , casez vous devant Youtube ou Deezer avec une bonne tasse de capuccino Tchernobyl, et écoutez les singles dont la presse écrite vous parle…Elle vous voudra toujours plus de bien que ces vastes saloperies de chaînes musicales sur le TNT, ou de  ce que l’on ose encore qualifier de stations FM, oubliant ce que ce terme a pu convoyer, il y a trente ans, de créativité et de liberté…

(Autant vous y faire dès à présent, vous entendrez souvent ici, ce qu’une oreille inattentive pourrait facilement confondre avec une vieille rengaine du style « c’était mieux avant ». Ce n’est pas mon propos, car ce n’était pas mieux avant. C’était au contraire plus violent, plus dark, car la musique, les médias, le spectacle,  le monde,  étaient moins formatés pour nous séduire.)

Ceci dit… laissons nous séduire, arnaquer, laissons nous avoir, ça a souvent du bon, et ça n’arrive, dans la musique en tout cas, jamais pour rien…